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De nouveau, des dynamiques contradictoires perturbent le fragile équilibre des Balkans du Sud. D’un côté, la démocratisation de la Croatie et surtout de la Serbie. De l’autre, les tentatives de déstabilisation de la Macédoine par les extrémistes de l’UCK. L’ennemi d’hier, la Serbie, devient le partenaire d’aujourd’hui alors que les partenaires d’hier, l’UCK, peuvent devenir à l’inverse un adversaire réel dans le maintien de la stabilité du Kosovo et de l’ensemble de la région. De nouveau, les politiques occidentales, dont notamment la politique européenne, sont mises à l’épreuve des faits.
Publié sous la direction de Dimitrios Triantaphyllou, chargé de recherche à l’Institut, ce Cahier de Chaillot donne pour la première fois la parole à des auteurs exclusivement issus de la région. Leur angle d’approche, leur vision de l’avenir des Balkans, leurs références historiques et mentales sont bien évidemment très différents, souvent contradictoires, parfois contestables. Leurs espoirs et leurs propositions pour l’avenir des Balkans diffèrent également très sensiblement d’une région à l’autre. Mais là réside précisément l’intérêt de ce Cahier : en dépit de leurs divergences, tous les auteurs témoignent aussi d’une attente colossale à l’égard de l’Union européenne, souvent critiquée mais jamais rejetée, parce que seule son implication totale dans la région pourrait aider celle-ci à chasser les démons qui la hantent.
Les textes réunis ici furent écrits avant les événements récents autour de Presevo et de la frontière macédonienne. Toutefois, cette détérioration de la situation rend les réflexions des différents auteurs d’autant plus précieuses. Car il y a de nouveau urgence dans les Balkans : sur le maintien concret d’une dynamique politique interne au Kosovo, sur l’auto-évaluation, par l’UE, de sa politique commune quant au statut final de cette région, et urgence également à réaffirmer haut et fort la volonté de l’Union européenne de maintenir l’intégrité et la stabilité intérieure de la Macédoine. Car la crise ne couve pas seulement dans le Sud des Balkans. Elle est aussi désormais dans la politique même de gestion de crises développée par l’Union européenne.