Le voisinage oriental de l’UE est une région en transition. D’un côté, l’Ukraine et la Géorgie se sont clairement exprimées en faveur de la démocratie et de l’intégration euro-atlantique après les Révolutions de couleur. De l’autre, il y a le Belarus, la « dernière dictature en Europe ». Orientations divergentes en matière de politique étrangère, conflits gelés, niveau très bas de coopération inter-étatiques – tout concourt à fragmenter et à polariser la région. Les demandes russes d’une position dominante rendent plus difficile pour l’UE de répondre de manière appropriée aux défis émanant du voisinage oriental.
En 2004, l’Union a introduit la Politique européenne de Voisinage (PEV) comme un instrument réglementant ses relations avec ses nouveaux voisins. La PEV offre « une relation privilégiée, basée sur un engagement mutuel en faveur de valeurs communes (démocratie et droits de l’homme, la règle de droit, la bonne gouvernance, les principes d’économie de marché et le développement durable) ». Dans ce cadre, l’Union a conclu des Plans d’Action avec l’Ukraine et la Moldavie en 2005, ainsi qu’avec la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 2006. Des négociations sur un « Accord renforcé » sont en cours avec l’Ukraine.
On a reproché à la PEV de ne pas offrir de perspective d’adhésion et donc de limiter les mesures encourageant les pays partenaires à mettre rapidement en œuvre les Plans d’Action. En même temps, les processus de réforme se mettent lentement en place, et les pouvoirs démocratiques des élites dirigeantes ne sont pas garantis. Le Belarus demeure isolé, sans perspective de changement à l’horizon. Trois ans après l’inauguration de la PEV, les principaux problèmes de la région – transition, fragmentation et polarisation – sont loin d’être résolus.
L’Institut analyse les évolutions politiques et sécuritaires du Voisinage oriental. En 2007 et 2008, une série de séminaires portera sur les conflits gelés en Transnistrie, en Ossétie du Sud, en Abkhazie et au Nagorny-Karabakh. Les publications de l’IESUE traitent des politiques internes et étrangères de l’Ukraine, du Belarus etc. L’Institut s’efforce également de mettre sur pied un réseau d’experts et de think tanks dans les pays du voisinage oriental.