Depuis le sommet UE Afrique de 2000 le continent a pris une place grandissante dans l’agenda extérieur de l’UE. L’architecture de la sécurité africaine, les responsabilités et les ressources du maintien de la paix dans les zones de conflits, le défi constant du développement et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la recherche d’une combinaison équilibrée entre construction de la paix et développement sont au cœur des réflexions et des efforts de l’UE. Le dialogue mis progressivement en place entre l’Union et les partenaires africains a abouti à l’adoption du partenariat Afrique-UE en décembre 2007. C’est sa mise en œuvre qui va désormais concentrer les efforts des deux parties.
La diversité du continent africain et de ses Etats, les liens historiques particuliers et privilégiés de certains Etats membres à leurs anciennes colonies, les affinités culturelles et linguistiques représentent un potentiel de coopération extraordinaire y compris dans le domaine encore peu développé de la paix et de la sécurité. Les expériences africaines réussies de développement, de stabilité et de démocratisation méritent l’attention de l’UE pour inspirer ses actions futures.
De sérieux doutes demeurent cependant sur les chances de l’UE d’influencer positivement la situation du continent africain. Certains pays rejettent les nouvelles conditions de la politique commerciale de l’UE à travers les accords de partenariat économique qu’ils considèrent opposés à leurs intérêts. Des régions entières, du Tchad à l’Ouganda, restent en proie à des conflits violents et meurtriers.
La contribution européenne au maintien de la paix est plus que nécessaire mais reste insuffisante pour enrayer des dynamiques locales, régionales et multilatérales nocives à la stabilité et au développement des populations. C’est tout l’enjeu des récentes opérations militaires européennes, au Congo, au Tchad et en République centrafricaine notamment, et du soutien de l’UE aux missions onusiennes et africaines de maintien de la paix pour mettre fin aux pires conflits depuis le génocide rwandais et épauler le renforcement de l’architecture de la sécurité du continent africain.
Ces efforts, souvent conjoints entre les Etats membres et la Commission européenne, devront chercher toujours plus de cohérence pour la mise en œuvre du partenariat Afrique-UE dans les années à venir. C’est ce à quoi l’IES contribuera en se mettant le plus possible à l’écoute des dynamiques africaines afin d’identifier la valeur ajoutée de l’UE. L’Institut s’engage aussi dans la recherche de partenariats et de coordination avec les décideurs et les porteurs de changement africains mais aussi avec les autres puissances extérieures à l’Afrique comme les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil pour ne citer qu’eux, afin d’explorer les domaines dans lesquels il serait possible d’obtenir plus d’efficacité dans le multilatéralisme à l’œuvre en Afrique.